26 août 2009
Elevage concentrationnaire
A Pélissanne, le chenil de la honte
Les chats et les chihuahuas ont été confiés aux SPA de Salon et Cabriès. Les rottweillers seront récupérés demain matin.
Dans la campagne entre Pélissanne et
Lançon-de-Provence, une trentaine de chats (sacré de Birmanie), une
dizaine de chihuahuas et une cinquantaine de rottweillers (chiens de 2e
catégorie dont l'élevage est autorisé) étaient voués à une mort
certaine dans cet "élevage" qu'un gendarme qualifiera de "camp de concentration pour animaux".
C'est à la suite de plusieurs plaintes de clients que les services de
la répression des fraudes tomberont sur ce qui est aujourd'hui un
véritable mouroir pour chiens et chats. Une opération exceptionnelle de
sauvetage et de récupération des animaux a été conduite hier (et se
poursuivra demain), à la demande du parquet d'Aix-en-Provence, par la
gendarmerie de Lançon et les services vétérinaires de la Préfecture.
"C'est la première fois que nous conduisons une action d'une telle ampleur, explique Fabrice Michel vétérinaire à la DDSV (direction département des services vétérinaires). "Nos services avaient à plusieurs reprises mis en demeure la propriétaire mais sans effet."
Ce qu'ils vont trouver sur place dépasse l'entendement : des chiens et
des chats entassés sans soin, ni eau, ni nourriture pour la plupart,
couverts de parasites dans un espace clos, une chienne rottweiller
enfermée avec ses chiots dans une dépendance de ce qui était la cuisine
de la maison et tout autour de l'habitation des cages en fer où
trépignent des molosses, des rottweillers jeunes ou adultes.
Le tout enveloppé d'une puanteur de cadavre ! Cadavres que l'on
retrouvera à quelques mètres à peine sur un tas de sacs poubelles.
"C'est
une dame qui a commencé par un élevage de chats (le lieu s'appelle
toujours "la chatterie") et qui s'est laissée débordée. Elle s'est même
fait attaquée par ses chiens", explique un gendarme.
La
propriétaire des lieux a été placée en garde à vue et sera présentée au
juge cet après-midi. Elle risque une lourde amende, une peine de prison
avec sursis et la suppression de sa capacité d'éleveur. Au vu de la
quantité d'animaux à récupérer, les refuges de Salon, Cabriès et Paris
(pour les rottweiller) ont été sollicités. "Les animaux seront placés chez eux en attendant la décision du juge et la possibilité de les proposer à l'adoption".
Comment se fait-il qu'une telle situation puisse subsister?
"On était dans une impasse, l'expression mouroir prenait tout son sens,
on ne pouvait donc plus attendre. Des courriers étaient envoyés depuis
2007, par rapport à des manquements réglementaires qui ne mettaient
alors pas en péril les animaux, mais depuis 2009 des plaintes de client
se sont multipliées et il y a eu intervention."
Les animaux représentant une valeur marchande semblaient mieux soignés que les autres précise le vétérinaire.
Que vont devenir les animaux?
"Trois associations ont bien voulu prendre en charge les animaux,
notamment la SPA de Salon-de-Provence pour les chihuahuas et les chats.
Quant aux rottweilers, la SPA de Paris devrait venir s'en occuper, ils
devraient être évacués mercredi."
Fabrice Michel, DDSV.
La propriétaire du chenil de la honte mise en examen
Le tribunal d'Aix-en Provence a mis en examen la propriétaire de ce chenil - véritable mouroir pour chiens et chats situés dans la campagne entre Pélissanne et Lançon-de-Provence - dans lequel les gendarmes, les services vétérinaires du département et les SPA de Salon et Cabries étaient intervenus pour récupérer des dizaines d'animaux en danger et maltraités.
Cette femme d'une quarantaine d'année a par ailleurs interdiction de se rendre sur place jusqu'à demain soir c'est à dire avant l'évacuation totale de tous les animaux. Il lui a aussi été clairement spécifié l'interdiction d'exercer une profession quelconque ayant un lien avec les animaux de manière professionnelle ou bénévole. Une instruction a été ouverte pour faire toute la lumière sur les activités de cet élevage.
Demain matin dès 8h30, les gendarmes de Lançon-de-Provence, une équipe cynophile basée à Salon-de-Provence, et les services vétérinaires se rendront à nouveau sur place au lieu dit la Chatterie, pour récupérer 50 Rottweilers jeunes et adultes.
Source : LaProvence.com




























