29 septembre 2009
10 bonnes raisons de ne pas se rendre dans un delphinarium
…ou pourquoi devenir dresseur de dauphins n’est pas un métier d’avenir
Les delphinariums renvoient l’image d’un dauphin joueur, docile et prompt à nous divertir. Mais derrière cette façade se cache une réalité plus triste : celle d’animaux intelligents asservis par la nourriture et souffrant de la captivité.
A l’occasion de la semaine internationale du dauphin captif (du 1er au 7 juillet), voici dix bonnes raisons de ne pas se rendre dans les endroits qui exhibent des dauphins captifs.
Elles sont également valables pour ceux et celles qui envisageraient de devenir un jour dresseur ou dresseuse de dauphins. Heureusement, il existe d’autres métiers permettant de vivre sa passion.
1. Les dauphins captifs sont contrôlés par la nourriture. Un
grand dauphin peut ingurgiter jusqu’à 25 kilos de poisson par jour ! Un
tour contre un poisson représente donc une maigre récompense. Dès
qu’ils sont rassasiés, les dauphins cessent d’obéir aux ordres qu’on
leur donne. C’est ce qu’explique Richard O’Barry dans son interview et c’est pour cette raison que l’ex-entraîneur des dauphins de Flipper utilisait cinq Tursiops sur le tournage de la série.
2. Un dauphin captif vit beaucoup moins longtemps qu’un dauphin libre. Un
dauphin sauvage peut atteindre l’âge de 40-50 ans. Dans les
delphinariums, l’espérance de vie est au minimum réduite de moitié. Les
dauphins sont sujets au stress, à des maladies de peau dues à l’eau
chlorée, et il leur arrive de s’auto-mutiler voire de se suicider…
(“Flipper s’est suicidé”, ainsi que l’affirme Richard O’Barry dans ce reportage.)
3. Les dauphins des parcs aquatiques doivent, bien souvent, être capturés en milieu sauvage. Dans
les delphinariums, la reproduction est difficile (bien qu’existante).
En plus de blesser voire de tuer des dauphins durant la capture, ces
enlèvements ont des effets terribles sur les groupes de dauphins
sauvages, qui se voient amputés de l’un ou de l’une des leurs. Les
dauphins sont des animaux hyper-sociaux et c’est toute leur vie qui peut se voir bouleversée par la perte de l’un des leur.
4. Les
dauphins enfermés dans les parcs aquatiques, en l’occurrence s’ils ont
été capturé en pleine mer, se retrouvent éloignés de tous ceux avec qui
ils vivaient. Ils proviennent de lieux et de groupes
différents ; ils n’ont pas la même langue, pas la même culture. Ils se
retrouvent obligés de vivre avec des inconnus et cela contribue à leur
stress.
5. La demande entretenue par les delphinariums mène entre autres aux massacres qui se déroulent au Japon. Cette réalité est décrite dans le film The Cove.
On y voit les pêcheurs procéder à de grands rassemblements, puis trier
les plus beaux “spécimens” qui peuvent être revendus aux delphinariums
à des prix atteignant 150 000 $. Quant aux milliers d’autres dauphins,
ils sont massacrés, puis découpés pour être distribués sur les marchés
japonais ou dans les cantines scolaires. Agissez dès aujourd’hui en
signant cette pétition contre les massacres de Taiji !
6. Les parcs aquatiques participent d’une forme de mauvaise éducation. Voir
des dauphins enfermés, malades et stressés, en train d’effectuer des
acrobaties ne contribue pas à éduquer le public sur les comportements
de ces créatures. Les employés des delphinariums prétendent que les
dauphins adorent faire des pitreries, qu’ils sont contents d’être là…
Mais il s’agit d’animaux sauvages, qui n’ont pas pour vocation de nous
divertir et ont, au contraire, droit à leur liberté.
7. Aller voir les dauphins captifs, c’est conforter l’idée qu’il existe une forte demande pour ce genre de spectacles.
C’est donc participer à la prospérité de cette industrie. L’argent est
ici le nerf de la guerre : si les delphinariums n’étaient pas
rentables, ils n’existeraient plus depuis longtemps.
8. Etre enfermé, c’est ne plus pouvoir vivre une vie décente.
La captivité est incompatible avec la satisfaction des besoins naturels
du dauphin. Dans l’océan, il chasse et peut parcourir des centaines de
kilomètres par jour. Dans les delphinariums, il mange du poisson mort
et tourne en rond dans son bassin. Son dressage et ses conditions de
vie finissent par le détruire ; le dauphin captif devient fou, se
livrant à l’inceste, à l’automutilation, à des comportements
contre-nature.
Dauphin devenu fou se jetant hors de son bassin. Source : www.dauphinlibre.be
9.
Acheter des places pour un spectacle de cétacés dans un parc aquatique,
c’est peut-être contribuer à la rétention d’informations sur les
réelles capacités des dauphins. Aux Etats-Unis, recherche
militaire et industrie des delphinariums sont liées par des intérêts
communs. C’est ce que soutient entre autres Kenneth LeVasseur
: si certains scientifiques financés par l’Office of Naval Research
(c’est-à-dire, une bonne partie d’entre eux !) estiment si basse
l’intelligence des dauphins, c’est parce qu’il serait éthiquement
inacceptable de garder captifs des animaux d’une intelligence
comparable à la nôtre.
10. La meilleure raison pour ne pas se rendre dans un delphinarium c’est que si l’on aime les dauphins, on ne peut pas accepter de les voir souffrir ainsi.
Il est possible de partir à la rencontre des dauphins tout en les
respectant : en allant dans leur milieu de vie naturel plutôt qu’en les
extrayant de force pour les incarcérer dans le nôtre. Les dauphins
sauvages nous témoignent depuis des millénaires une véritable amitié :
ils accompagnent nos bateaux, nagent avec nous, viennent à notre
rencontre, lient des histoires d’amitié, voire nous secourent en cas de
danger.
Pour conclure…
“Se rendre comme maître et possesseur de la nature”
disait Descartes… L’humanité se comporte comme tel, aussi bien
vis-à-vis de notre patrimoine écologique mondial que des dauphins. Mais
ce droit devrait engager une responsabilité et des devoirs. Pour cette
raison, prendre le parti de respecter les dauphins comme des êtres
intelligents, sensibles, sociaux et complexes est le seul choix
éthique. Participer à une exploitation immorale, ce n’est pas agir de
la bonne manière pour les dauphins. Il y d’autres façon de découvrir
les dauphins que les delphinariums. Et il existe beaucoup d’autres
métiers que dresseur pour vivre sa passion et témoigner de son amour
des dauphins.
A lire :
. Confessions d’un dresseur de dauphins, par Hélène O’Barry.
. Ce témoignage d’une spectatrice écœurée et attristée par ce genre de spectacle sur le site d’Yvon Goddefroid (une référence sur la question).
. L’interview de Richard O’Barry.
Si ces raisons vous ont convaincu de ne plus vous rendre dans les delphinariums, vous voudrez également signer cette pétition :
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