07 octobre 2009
Usines à chiots, chenils et animaleries
Au Québec, des
centaines d'éleveurs se "spécialisent" dans la production massive de
chiens. Des milliers de chiots naissent chaque année dans des 
élevages
surpeuplés et insalubres. La moitié de ces animaux sont vendus au Québec, les
autres sont expédiés aux États-Unis et dans divers endroits du Canada.

À travers le Québec, des centaines de
personnes opèrent des usines à chiots. Presque toutes les usines d'animaux
sont des endroits insalubres où les chiens ne sont pas nourris à heures régulières
et où plusieurs n'ont même pas accès à de l'eau. Le seul motif de leurs
mauvais traitements est le profit.
Certains producteurs peuvent élever jusqu'à 70 races de chiens à la fois. Ils font souvent affaire avec d'autres éleveurs, ou importateurs et exportateurs, vendeurs intermédiaires, courtiers, vendeurs de rue, de marchés aux puces. Leur identité n’est pas connue, ou partiellement connue, et les ventes sont conclues en argent liquide. D'autres producteurs vendent leurs chiots en publiant une annonce dans le journal ou sur Internet. Ils rencontrent alors un acheteur potentiel à un endroit quelconque, qui peut aussi bien être le stationnement d’un centre d’achats ou un parc. De " faux papiers " signés par des vétérinaires " fictifs " affichent leur parfaite santé.
Plusieurs chiots
souffrent de coccidiose ou de divers virus, très fréquents dans ces usines.
Pendant les 10 premières semaines de la vie d'un chiot, la propreté est
pourtant extrêmement importante pour lui permettre de se développer en santé.

Situés soit à
l'intérieur d'un bâtiment, soit à l'extérieur, ces hangars ou entrepôts
peuvent contenir plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de cages, empilées
les unes sur les autres. Les excréments et l'urine tombent souvent dans les
cages du dessous. Ces endroits sont rarement chauffés en hiver et durant l'été
la chaleur y est suffocante.
Vers l'âge de 5 mois, on enferme
une chienne dans une petite cage de métal, de bois ou de plastique où elle
passera toute sa vie. Puis, lorsqu'elle débute ses chaleurs, elle est accouplée
avec un mâle provenant de la même usine ou d'une usine semblable à la sienne.
Environ 60 jours plus tard, elle donne naissance à ses chiots. S'il s'agit d'un
grand établissement, la mère mettra bas à même le sol grillagé de sa cage.
Mis à part les élevages à grande échelle, il existe aussi des élevages plus
petits ou en milieu «familial». Dans ce genre d'élevage, une ou plusieurs
chiennes reproductrices peuvent être détenues de diverses façons: en box, bac,
boîte en plastique, cage de transport, en liberté à l'intérieur d'une résidence
ou encore dans un enclos extérieur. Dans tous les cas, afin d'éviter tout
frais superflus au propriétaire, la chienne et ses chiots ne bénéficient
d’aucun suivi vétérinaire.

Le Transport des Chiots
Quand
les petits atteignent l'âge de 3 semaines, parfois même plus jeunes, ils sont
retirés à leur mère.
Les chiots sont placés dans des
cages de transport empilées les unes sur les autres, à l'intérieur d'un
camion qui peut parcourir des milliers de kilomètres. Été comme hiver, sans
chauffage ou ventilation, sans eau ni nourriture, les chiots arrivent à un
entrepôt où un préposé se charge de retirer ceux qui n'ont pas survécu au
voyage, puis il fait le tri par race. Les survivants sont embarqués à nouveau
dans un autre camion qui les livre dans diverses animaleries de la province.

La Mise en Vente
Une fois parvenus à destination, les chiots
sont lavés et parfumés afin qu'ils aient l'air attrayant lorsqu'ils seront
exposés dans une vitrine de magasin. La majorité de ces chiots sont tatoués
à l’oreille et ils possèdent tous des documents qui certifient la «pureté»
de leur race - documents vétérinaires falsifiés par certains vendeurs peu
scrupuleux.
S'il arrive que des chiots malades soient soignés
par des vétérinaires, d'autres ne le sont pas car cela reviendrait trop cher
au propriétaire de l'animalerie. On les laisse donc mourir. Pour les
autres, l'avenir est incertain: plusieurs d'entre eux, traumatisés par la perte
de leur mère, les longs transports et le manque de soins souffriront de divers
problèmes émotionnels et auront du mal à s'adapter. Séparé trop tôt de sa
mère, un chiot, privé en plus de contact humain, peut devenir associable. Il
ne s'entend pas avec les autres chiens et n'est pas toujours "gentil" envers les
jeunes enfants. Ces chiots nécessiteront beaucoup d'efforts de la part du maître
et plusieurs ne parviendront pas à s’en occuper convenablement. Si certains
chiots ont la chance d'être adoptés par des gens soucieux et prêts à les
faire soigner et leur consacrer le temps et la patience nécessaires à leur
adaptation, d’autres finiront rapidement dans un refuge, un chenil ou seront
à nouveau vendus, ou donnés, ou tout simplement abandonnés.
La petite chienne d'usine, quant à elle,
continuera à vivre dans sa misérable cage. Elle aura tous les ans deux portées,
laissant ses mamelles distendues et enflées. Faute de nourriture appropriée,
d'exercices et de soins, chaque fois qu'elle donnera naissance à des petits,
elle s'affaiblira d’avantage. Maigre et sale, elle souffrira de maladies de la
peau, de déformations aux pattes, elle perdra ses poils par plaques...
Et, après
5 ou 6 ans, devenue incapable de produire d'autres chiots, elle sera tuée par
de quelconques méthodes douteuses, noyée par exemple, ou envoyée dans des
laboratoires de recherches. Il en ira ainsi des chiens non vendus ou malades.
Lorsque vous achetez un chiot, un chaton, ou tout autre animal dans une animalerie, un marché aux puces, un chenil, ou par Internet, vous risquez sans le savoir, de financer un commerce extrêmement cruel !

Il
n'est pas rare de retrouver dans des animaleries, des chiots beaucoup trop
jeunes, ou d'autres devenus trop gros pour leur cage. Certains ont les yeux qui
coulent, d'autres ont la diarrhée, d'autres pleurent sans arrêt ou ont développé
des comportements anormaux. Ces endroits sont souvent surchauffés ou trop
climatisés et les chiots n'ont pas toujours accès à de l'eau pour se désaltérer.
Dans certaines animaleries, les animaux ne peuvent faire aucun exercice et sont
confinés dans de toutes petites cages accessibles aux passants qui peuvent
constamment les manipuler.
Les gens qui s’imaginent sauver un petit
chien en l'achetant dans une animalerie ne font bien souvent que perpétuer un
commerce cruel. Chaque fois qu’un chiot est vendu, il est aussitôt remplacé
par un autre. Plusieurs chiots achetés dans des animaleries sont ramenés pour
diverses raisons: problèmes congénitaux, respiratoires, insuffisance rénale,
dysplasie de la hanche, diarrhée, surdité, problèmes de comportement... Si le
chiot est malade ou meurt peu après l'achat, la majorité des propriétaires
d'animaleries offriront un autre chiot au client plutôt qu'un remboursement.
Si
vous tenez absolument à posséder un chien, visitez un éleveur réputé, sérieux
et fiable qui se soucie des chiens qu'il élève, qui les aime et les fait
soigner quand ils en ont besoin. Même si ces chiots coûtent un peu plus cher,
vous aurez au moins la garantie que celui que vous achetez est en bonne santé.
Vous seriez également étonnés du nombre de chiots ou de chiens de race que
l'on peut retrouver dans les refuges et les SPA. En adoptant dans un refuge,
vous contribueriez ainsi à sauver la vie d'un animal qui autrement serait
euthanasié.
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